Pourquoi as-tu besoin de quelqu’un pour quitter une relation ? Peut-être parce que tu as peur de rencontrer le vide.
Et si ce que tu craignais le plus en quittant quelqu’un n’était pas réellement de perdre cette personne…
mais de rencontrer ce qu’il reste quand elle n’est plus là ?
Parce que le vide, ce n’est pas simplement :
« Je suis célibataire. »
Le vide, c’est tout ce qui apparaît lorsque l’autre n’occupe plus ton espace intérieur.
C’est la peur de ne plus être aimée.
La peur de ne plus se sentir désirée.
La peur de perdre une sécurité affective, même lorsqu’elle n’était plus réellement sécurisante.
C’est parfois aussi perdre une certaine foi en la vie : cette confiance qu’autre chose pourra exister après.
C’est se réveiller sans message à attendre.
Ne plus avoir quelqu’un autour duquel organiser ses pensées.
Ne plus être « la compagne de ».
Ne plus avoir de relation à sauver, de conflit à résoudre, de manque à combler ou de désir à entretenir.
C’est aussi perdre les fameux shoots émotionnels auxquels notre corps s’était habitué :
l’attente,
la peur,
les retrouvailles,
le soulagement,
l’excitation,
la frustration.
Et lorsque tout cela s’arrête…
il peut y avoir un silence immense.
Un silence que l’on interprète parfois comme :
« Il ne se passe plus rien. »
Alors qu’en réalité, quelque chose de fondamental commence :
tu te retrouves avec toi.
Et c’est précisément pour cela qu’un tiers peut devenir si séduisant au moment d’une séparation.
Il remplit immédiatement l’espace.
Il évite le silence.
Il rassure :
« Je suis encore désirable. »
Il permet de moins ressentir la perte.
Il donne une nouvelle direction au moment même où l’ancienne disparaît.
Et parfois, sans même nous en rendre compte, il nous évite de découvrir que nous ne savons pas encore complètement habiter notre propre vie sans relation pour la structurer émotionnellement.
Alors une question devient inconfortable :
Si personne ne m’attendait derrière cette porte… est-ce que j’aurais quand même le courage de partir ?
Quand j’ai quitté Julien, Gilles était déjà là
J’avais 22 ans.
Je sortais d’une relation de quatre ans et demi avec Julien.
Depuis plusieurs mois, j’avais compris que quelque chose était terminé.
Il restait de la tendresse.
Il restait énormément d’habitudes.
Il restait une histoire construite à deux.
Mais certaines dynamiques ne correspondaient plus à celle que j’étais devenue.
J’ai mis environ six mois à réussir réellement à partir.
Et à cette époque, Gilles est arrivé dans ma vie.
Celui que j’ai ensuite nommé mon âme miroir dans Nos Âmes Cœurs.
Avec le recul, je peux aujourd’hui le dire très simplement :
Gilles m’a aidée à quitter Julien.
Il n’a pas créé la fin de cette relation.
Cette fin existait déjà.
Mais sa présence a rendu le passage plus facile.
Parce que derrière ce que je quittais…
il y avait déjà quelqu’un.
Déjà une émotion.
Déjà une intensité.
Déjà la possibilité d’autre chose.
Je n’ai donc pas réellement traversé seule l’espace entre mon ancienne vie et la suivante.
Et à l’époque, je n’avais absolument pas conscience de ce que cela allait révéler.
Le problème, c’est qu’un pont n’est pas forcément une destination
Avec Gilles, la relation a duré environ deux ans.
Et elle a été extrêmement intense.
C’était beaucoup de :
Je te veux.
Je ne te veux plus.
Approche.
Éloigne-toi.
Je veux ma liberté.
Mais ne disparais pas.
Nous voulions tous les deux préserver notre liberté.
Et pourtant, nous étions régulièrement happés l’un par l’autre.
Il y avait l’attente.
Le manque.
Les retrouvailles.
L’excitation.
La distance.
La frustration.
Puis le retour.
Encore.
Et encore.
Avec le recul, je comprends que j’étais devenue dépendante de ces shoots émotionnels.
Pas seulement dépendante de Gilles.
Dépendante de l’état dans lequel cette relation me mettait.
Nous pouvons être dépendants d’un état émotionnel plus que d’une personne
Ça, je l’ai compris beaucoup plus tard.
On croit parfois être accroché à quelqu’un.
Alors qu’on est aussi accroché à ce que cette personne déclenche en nous.
À l’attente du message.
À l’incertitude.
À l’excitation de la distance.
Au soulagement immense lorsqu’elle revient.
Au sentiment d’exister lorsqu’elle nous choisit à nouveau.
À la peur lorsqu’elle s’éloigne.
Puis à la récompense lorsqu’elle se rapproche.
Tout cela peut donner l’impression d’une profondeur extraordinaire.
Parce que nous ressentons énormément.
Mais ressentir énormément ne signifie pas nécessairement aimer profondément.
Parfois, cela signifie aussi que notre système émotionnel est constamment stimulé.
Et lorsque l’intensité devient familière…
le calme peut ressembler au vide.
La stabilité peut ressembler à l’ennui.
La paix peut même devenir suspecte.
Mais ce vide, justement… c’est quoi ?
Le vide n’est pas seulement :
« Je suis célibataire. »
Le vide, c’est ce qui apparaît lorsque plus personne ne remplit ton espace intérieur.
Plus personne à attendre.
Plus personne dont analyser les messages.
Plus personne à convaincre.
Plus personne à sauver.
Plus personne dont surveiller l’humeur.
Plus personne autour duquel organiser tes journées émotionnelles.
Plus personne pour te rassurer sur le fait que tu es désirable.
Plus personne pour te donner ton prochain shoot de manque, de peur, de plaisir ou d’espoir.
Et soudain…
il y a du silence.
C’est souvent là que certaines personnes retournent vers leur ex.
Ou cherchent immédiatement quelqu’un d’autre.
Parce que ce silence peut être vertigineux.
Il fait apparaître des questions qu’aucune relation ne peut résoudre à notre place :
Qui suis-je quand personne ne me choisit aujourd’hui ?
Qu’est-ce que j’aime quand je ne suis plus occupée à aimer quelqu’un ?
Qu’est-ce que je veux construire lorsque aucun couple ne structure mon avenir ?
Est-ce que ma vie me plaît lorsque personne ne vient l’intensifier ?
Qu’est-ce qui me donne envie de me lever le matin en dehors d’une relation ?
Et surtout :
Est-ce que je sais rester avec moi quand plus personne ne me distrait de moi-même ?
Voilà le vide dont je parle.
Parfois, nous n’avons pas seulement peur de perdre l’autre
Nous avons peur de ce que nous allons rencontrer lorsqu’il ne sera plus là.
La solitude.
L’absence de direction.
La tristesse.
L’ennui.
Le doute.
La sensation de ne plus être désirée.
Le retour de blessures anciennes.
Ou simplement cette immense question :
« Maintenant que cette relation est terminée… qu’est-ce que je fais de ma vie ? »
Alors une nouvelle personne peut devenir une solution extraordinairement séduisante.
Elle nous fournit immédiatement une nouvelle histoire.
Une nouvelle projection.
Un nouveau désir.
Une nouvelle identité.
Une nouvelle personne à attendre.
Et surtout…
elle peut nous éviter de rester suffisamment longtemps seuls pour découvrir ce qu’il y avait réellement sous la relation précédente.
À 23 ans, mon corps a fini par dire stop
Après ces deux années très intenses avec Gilles, j’ai fait un burn-out.
Le choc a été rude.
Très rude.
Mais il a ouvert quelque chose.
Je ne pouvais plus continuer à chercher toutes mes réponses dans mes relations.
Je ne pouvais plus vivre uniquement à travers ce que quelqu’un d’autre déclenchait en moi.
Je ne pouvais plus dépendre de cette intensité pour me sentir vivante.
C’est là que je suis réellement entrée dans le développement personnel.
Et surtout, que j’ai pris une décision :
j’allais apprendre concrètement à m’aimer.
Ça paraît très joli écrit comme ça.
Dans la réalité, ça ne l’était pas toujours.
C’était inconfortable.
C’était apprendre à rester là lorsqu’une personne s’éloignait.
Apprendre à supporter le manque sans courir après elle.
Apprendre à ne plus transformer l’attention de quelqu’un en preuve de ma valeur.
Apprendre à poser une limite même lorsque je risquais de perdre le lien.
Apprendre à ne plus chercher immédiatement quelqu’un pour remplir l’espace laissé libre.
Pendant plusieurs années, j’ai consacré beaucoup plus d’énergie à mon travail, mes amis, ma famille et surtout à ma relation avec moi-même.
Dire que cela a toujours été facile serait vous mentir.
Mais quelque chose commençait enfin à changer.
S’aimer, ce n’est pas se trouver formidable tous les matins
J’ai découvert qu’apprendre à m’aimer ne consistait pas simplement à me regarder dans un miroir en répétant des phrases positives.
C’était beaucoup plus concret.
Rester avec moi lorsque j’étais triste.
Rester avec moi lorsque je n’étais pas choisie.
Rester avec moi lorsqu’il n’y avait rien de spectaculaire à vivre.
Rester avec moi lorsque personne ne venait remplir mes journées de désir, de manque ou d’intensité.
Au fond, c’était peut-être cela qui m’avait manqué :
je savais être avec quelqu’un.
Je ne savais pas encore complètement être avec moi.
De 2009 à 2015, j’ai beaucoup appris, étudié, expérimenté et commencé à mettre ces compréhensions en pratique.
Après 2015, mon exploration est devenue beaucoup plus profonde.
Mais ça…
c’est encore une autre histoire.
Alors la question devient vraiment dérangeante
Si tu es aujourd’hui dans une relation que tu sais profondément terminée…
et qu’une autre personne est apparue…
retire-la mentalement de l’équation pendant quelques minutes.
Imagine qu’elle n’existe pas.
Imagine qu’elle ne t’attende pas.
Imagine même que tu restes célibataire pendant un an après ta séparation.
Personne à séduire.
Personne à conquérir.
Personne avec qui recommencer immédiatement une nouvelle histoire.
Et demande-toi :
Est-ce que je voudrais quand même quitter ma relation actuelle ?
Si la réponse est oui…
alors ta décision ne dépend peut-être pas de cette nouvelle personne.
Elle dépend de toi.
Et c’est une différence immense.
Une nouvelle relation ne devrait pas devenir le courage que tu n’arrives pas encore à trouver en toi
Une rencontre peut révéler quelque chose.
Elle peut te montrer ce qui te manque.
Elle peut faire apparaître brutalement l’écart entre la relation que tu vis et celle que tu voudrais vivre.
Elle peut réveiller ton désir.
Elle peut te rappeler une partie de toi que tu avais oubliée.
Tout cela existe.
Mais elle ne devrait pas devenir la condition de ton départ.
Parce que sinon, tu ne quittes pas véritablement une relation pour choisir ta vie.
Tu quittes peut-être simplement une sécurité pour une autre.
Et si cette deuxième sécurité disparaît ?
Tu risques de vouloir retourner vers la première.
Ou d’en chercher immédiatement une troisième.
Le vrai passage, parfois, c’est d’accepter qu’il n’y ait personne derrière
Ça peut faire peur.
Mais c’est peut-être aussi l’un des passages les plus libérateurs.
Pouvoir dire :
« Je ne sais pas encore ce qu’il y aura après. »
« Je ne sais pas si quelqu’un m’aimera bientôt. »
« Je ne sais pas à quoi ressemblera ma prochaine relation. »
« Je ne sais même pas combien de temps je serai seule. »
Et néanmoins savoir :
« Cette relation-ci n’est plus juste pour moi. »
Là, quelque chose change.
Parce que tu ne choisis plus entre deux personnes.
Tu te choisis toi.
Traverser le vide ne signifie pas rester immobile dedans
Le vide n’est pas un trou noir dans lequel tu dois méditer pendant six mois en regardant le plafond. 😅
Traverser le vide, c’est aussi recommencer à habiter ta vie autrement.
Avec ton corps.
Tes amis.
Tes projets.
Ton travail.
Tes passions.
Ta créativité.
Et parfois avec des choses toutes simples.
Marcher.
Lire.
Voyager.
Créer.
Faire du sport.
Apprendre quelque chose.
Rencontrer des personnes sans immédiatement chercher un partenaire.
Retrouver ce qui te donne envie d’être vivante indépendamment de quelqu’un.
Et progressivement, quelque chose apparaît.
Ce que tu pensais être un vide commence à ressembler à…
de l’espace.
Et ce n’est absolument pas la même chose.
Le vide est parfois simplement un espace qui n’est plus occupé
C’est probablement l’une des choses les plus importantes que j’ai comprises.
Lorsqu’une relation disparaît, nous pouvons avoir l’impression qu’elle laisse un trou.
Mais parfois, elle libère simplement énormément d’espace.
Un espace que nous ne savons pas encore habiter.
Alors nous paniquons.
Et nous cherchons immédiatement quelqu’un pour le remplir.
Mais si nous restons suffisamment longtemps avec nous-mêmes…
cet espace peut progressivement devenir :
notre liberté,
notre créativité,
notre repos,
notre désir propre,
notre direction,
notre vie,
et surtout…
notre ancrage dans notre propre paix intérieure.
Gilles n’a pas été une erreur
Je n’ai aucune envie de réécrire mon histoire en prétendant que tout aurait dû se passer autrement.
Gilles a été un immense révélateur.
Cette relation a mis en lumière ma dépendance à l’intensité émotionnelle.
Elle m’a montré ma difficulté à rester centrée lorsqu’un lien devenait incertain.
Elle m’a confrontée à tout ce que je pouvais encore abandonner de moi pour continuer à ressentir quelque chose.
Et le choc qui a suivi m’a poussée à chercher autre chose.
À apprendre.
À me comprendre.
À commencer à construire une relation différente avec moi-même.
Certaines personnes ne viennent pas nécessairement dans notre vie pour devenir notre destination.
Parfois, elles viennent simplement éclairer un mécanisme que nous ne pouvons plus continuer à ignorer.
Aujourd’hui, j’ai arrêté d’avoir besoin de quelqu’un pour quitter quelqu’un
C’est probablement l’une des différences les plus profondes entre la femme que j’étais à 22 ans et celle que je suis devenue aujourd’hui.
Si une relation n’est plus juste pour moi, je veux pouvoir la regarder en face.
Je veux pouvoir reconnaître ce qui a été beau.
Reconnaître la tendresse qui peut encore exister.
Reconnaître la tristesse.
Et néanmoins partir si cela devient nécessaire.
Sans amant.
Sans maîtresse.
Sans sauveur.
Sans relation de secours.
Sans garantie qu’une nouvelle histoire commencera bientôt.
Parce qu’il existe une question beaucoup plus importante que :
« Qui m’attend derrière ? »
C’est :
« Suis-je capable de rester avec moi lorsqu’il n’y a encore personne derrière cette porte ? »
Et peut-être que l’amour de soi commence véritablement là.
Pas lorsque nous n’avons plus besoin des autres.
Mais lorsque nous n’avons plus besoin d’utiliser quelqu’un pour fuir l’espace dans lequel nous devrions nous rencontrer nous-mêmes.
La phrase qui résume tout ce parcours est finalement très simple :
L’amour n’est pas l’oubli de soi.
Alors aujourd’hui, je dirais à celle que j’étais à 22 ans :
Ta peur du vide est normale.
C’est l’inconnu fertile d’une nouvelle vie.Tu vas découvrir que cet espace n’était pas vide.
Il était rempli d’un monde que tu n’avais pas encore exploré.Et surtout, il y avait déjà quelqu’un que tu n’avais pas encore appris à habiter pleinement :
toi.
Et aujourd’hui, je suis heureuse de te transmettre ces compréhensions
À travers mes accompagnements Alliance intérieure, je t’accompagne à revenir à toi, retrouver ton axe, écouter ce que ton corps te dit et construire des relations plus justes, sans te trahir pour être aimée.
Alliance intérieure ⮕
Adeline Petit
Que nos égos deviennent égaux.