Pourquoi ai-je besoin de la validation des autres pour croire en moi ?

Tu as une idée.

Au fond de toi, tu sens qu’elle est juste. Pourtant, avant d’agir, tu demandes plusieurs avis. Tu observes les réactions. Tu attends un encouragement, un signe ou une phrase qui t’autorise enfin à avancer.

Si les autres approuvent, tu respires.

S’ils doutent, ton projet commence à trembler avec eux.

Le besoin de validation extérieure ne signifie pas forcément que tu manques de volonté. Il peut apparaître lorsque ton estime s’est construite dans un environnement où ta valeur dépendait du regard, des attentes ou de l’humeur des autres.

J’ai longtemps cherché cette validation.

Puis j’ai développé le mouvement inverse : une surautonomie qui refusait presque toute aide. Une autre vois qui est même perçu comme de l’arrogance.

Aujourd’hui, j’apprends une troisième voie : la co-autonomie.

Je peux écouter l’autre sans lui confier mon pouvoir de décision.

Grandir au milieu des moqueries et des humiliations

Mon histoire avec la validation possède une couleur particulière.

J’ai grandi dans les moqueries et l’humiliation.

Les compliments avaient peu de place. Lorsqu’ils venaient d’autres personnes, je rougissais, je me sentais très gênée et je répondais souvent :

« Mais non… »

Je repoussais ce qui était positif, comme si recevoir un compliment représentait un danger ou une erreur d’évaluation. Ce n’était pas mon schéma d’amour parental.

En revanche, rendre service semblait normal.

Je pouvais aider, accomplir des tâches ou me rendre disponible sans recevoir de merci. Pourtant, nous devions remercier les adultes pour ce qu’ils faisaient.

La reconnaissance circulait essentiellement dans un sens.

Lorsque mes choix déplaisaient, les humiliations et les moqueries revenaient. Puis une phrase venait effacer la violence de l’échange :

« Mais c’est pour rigoler. »

Cette formule possède un étrange pouvoir.

Elle transforme la douleur de celui qui reçoit en problème de compréhension ou en manque d’humour. La personne blessée se retrouve invitée à rire de ce qui vient de l’atteindre.

Au lieu de se demander : « Pourquoi me parle-t-on ainsi ? », elle apprend à penser :

« Je suis peut-être trop sensible. »

Peu à peu, elle peut perdre confiance dans son propre ressenti.

Quand la moquerie devient une voix intérieure

Une humiliation répétée ne reste pas seulement dans la mémoire.

Elle peut devenir une manière de se regarder.

Avant même qu’une personne critique notre idée, nous anticipons son jugement. Nous imaginons la moquerie, l’erreur ou la honte possible.

Nous nous corrigeons avant d’avoir commencé.

Le regard extérieur s’installe alors à l’intérieur.

Dans mon cas, cette peur s’est manifestée dans plusieurs domaines.

Le travail

Le travail occupait la première place.

J’ai longtemps associé ma valeur à ma capacité de tenir, produire et faire toujours davantage. Cette logique m’a conduite à deux burn-out.

Je cherchais moins un simple compliment qu’une confirmation plus profonde :

« Tu as le droit d’être là parce que tu es utile et performante. »

Mais une valeur qui dépend uniquement de la performance exige une preuve permanente.

Aucun résultat ne suffit durablement. Dès qu’une tâche se termine, il faut recommencer à mériter sa place.

L’écriture

L’écriture arrivait juste après.

Ma dyslexie m’a longtemps donné une raison supplémentaire de douter de ma légitimité.

Comment devenir autrice lorsque les mots eux-mêmes quand les mots sont que des sont et des fréquences pour toi.

Pourtant, la dyslexie ne décide ni de la profondeur d’une pensée, ni de la force d’une expérience, ni de la capacité à toucher un lecteur.

Elle demande des adaptations, des relectures et des outils.

Elle ne retire rien à la voix.

Les dernières recherches montre d’ailleurs, et je l’ai constaté moi-même, que c’est un potentiel naturel, une pensée qui est structurée autrement avec des fonctions de créativité large et différente.

Source : « Béatrice Sauvageot, l’orthophoniste qui révolutionne l’approche de la dyslexie » — Madame Figaro

Elle y explique que les personnes dyslexiques présentent, selon elle, une disposition cérébrale différente et une autre forme d’intelligence. Elle insiste sur la créativité, l’intuition, le fonctionnement spatial et l’importance du mouvement dans l’apprentissage.

L’apparence

Le regard extérieur touchait également mon apparence.

Je supportais particulièrement mal que l’on m’appelle « Barbie ». J’étais très rebelle face à cette image, comme si ce surnom réduisait tout ce que j’étais à une enveloppe ou à un personnage féminin préfabriqué.

Je refusais que l’on décide qui j’étais à partir de mon physique.

Le sport

Dans le sport et le mouvement, les moqueries surgissaient dès que je faisais une erreur.

Or, apprendre demande précisément de rater, ajuster et recommencer.

Lorsque l’erreur devient une humiliation, le corps n’explore plus librement. Il se contracte et cherche surtout à éviter l’exposition.

Nous pouvons alors abandonner une activité, non parce qu’elle ne nous plaît pas, mais parce que le regard des autres nous empêche d’y être débutantes.

Le besoin de validation se ressent aussi dans le corps

Chez moi, le besoin de validation se manifeste par une tension dans le plexus solaire.

Mon ventre peut devenir barbouillé. Mon mental s’agite et produit plusieurs scénarios :

« Et si je me trompais ? »
« Et si l’on se moquait ? »
« Et si personne ne comprenait ? »
« Et si ce projet confirmait finalement ce que les autres pensent de moi ? »

Le mental cherche alors une garantie extérieure.

Il voudrait recevoir la promesse que tout se passera bien avant de laisser le corps avancer.

Mais aucune personne ne peut garantir l’absence d’erreur, de critique ou d’incompréhension.

La véritable sécurité ne consiste pas à obtenir l’approbation générale.

Elle se construit dans notre capacité à rester en relation avec nous-mêmes lorsque cette approbation manque.

Je peux ressentir la tension dans mon plexus sans devenir cette tension.

Je peux accueillir les pensées qui s’agitent sans leur donner automatiquement la direction de ma vie.

Créer malgré le regard extérieur

Certaines de mes décisions les plus importantes ont demandé d’avancer sans attendre que tout le monde valide mon expérience.

J’ai écrit et publié Nos Âmes Cœurs.

J’ai rejoint l’association CERO France, j’ai co-soutenu les expérienceurs pendant 10 ans.

J’ai également écrit mon témoignage dans le livre Rencontres extraterrestres, des expérienceurs français parlent.

Puis j’ai participé à une émission présentée par Philippe Ferrer autour de ces expériences, dans On ne vous demande pas d’y croire.

Voir l’émission sur YouTube

Parler publiquement d’expériences non conventionnelles expose à l’incompréhension, au jugement et parfois à la moquerie.

J’aurais pu attendre une validation collective impossible.

J’ai choisi de témoigner.

Témoigner ne signifie pas imposer mon expérience comme une vérité que chacun devrait adopter. Cela signifie reconnaître que je l’ai vécue et que j’ai le droit de lui donner une place dans mon histoire.

La validation la plus importante a alors changé de direction.

Elle n’est plus venue uniquement du regard extérieur.

Elle est née de ma capacité à dire :

« Cette expérience fait partie de moi. Je peux la partager sans exiger que tout le monde la comprenne. »

De la dépendance au regard à la surautonomie

Après m’être affirmée face à mon père, j’ai cessé depuis longtemps de demander aux autres l’autorisation d’exister ou d’agir.

Mais j’ai développé le mouvement inverse : la surautonomie.

Puisque dépendre du regard ou de l’humeur de quelqu’un avait été douloureux, j’ai appris à tout faire seule.

Ne rien demander.
Ne dépendre de personne.
Trouver la solution par moi-même.
Prouver que je pouvais y arriver sans soutien.

Lors de mon stage de licence, ma maîtresse de stage m’a d’ailleurs reproché cette surautonomie.

Sur le moment, ce fonctionnement ressemblait à une force et une fierté arrogante.

Il m’avait effectivement permis d’avancer. Pourtant, il portait aussi une protection : si je n’attendais rien de personne, personne ne pouvait me décevoir, m’humilier ou reprendre son aide pour en faire une dette.

La surautonomie libère du besoin d’autorisation, mais elle peut aussi fermer la porte à la coopération.

Ces dix dernières années, j’ai donc appris le mouvement inverse : aller vers la co-autonomie.

La co-autonomie : rester soi au cœur du lien

La co-autonomie ne signifie ni dépendre de l’autre ni tout accomplir seule.

Elle permet à deux personnes autonomes de mettre leurs ressources en commun sans abandonner leur discernement.

Je peux demander un avis.
Je peux recevoir un conseil.
Je peux accepter une aide.
Je peux confronter mon idée à la réalité.

Puis je reste responsable de mon choix.

La co-autonomie dit :

« Je peux m’appuyer sur toi sans te remettre les clés de ma valeur. »

Elle crée une relation d’égal à égal.

L’autre devient un miroir, un partenaire ou une ressource. Il ne devient ni juge suprême ni simple figurant chargé d’applaudir toutes mes décisions.

Conseil, miroir ou autorisation : comment faire la différence ?

Écouter un conseil utile

Un conseil utile reste pragmatique.

Je l’examine à partir de mon intuition, puis je me renseigne sur la faisabilité concrète. Je vérifie les faits, les contraintes, les risques et les ressources nécessaires.

Je ne suis pas un conseil uniquement parce qu’une personne paraît sûre d’elle.

Je regarde s’il rejoint ma réalité.

Chercher un miroir

Parfois, une conversation permet de clarifier une pensée.

La personne n’apporte pas forcément la réponse. Sa présence, ses questions ou son expérience font apparaître ce que je savais déjà sans réussir à le formuler.

La vie elle-même offre aussi ce type de miroir à travers les rencontres et les expériences.

Elles nous montrent progressivement ce qui demande à être vu.

Demander une autorisation

La demande d’autorisation possède une autre énergie.

Je connais souvent déjà mon choix, mais j’attends que quelqu’un le rende légitime à ma place.

Si la personne désapprouve, je me coupe de mon propre ressenti.

Je ne cherche plus une information. Je lui confie mon droit d’agir.

Une question peut alors aider :

« Imagine si personne ne validait ce choix, qu’est-ce que je saurais encore au fond de moi ? »

Ta valeur ressemble à un billet froissé

Imagine un billet de 20 euros.

Tu le plies.
Tu le froisses.
Tu le laisses quelque temps au fond d’une poche.
Son bord peut même être légèrement déchiré.

Combien vaut-il ?

Toujours 20 euros.

Son apparence a changé. Son état raconte peut-être un voyage mouvementé. Pourtant, sa valeur reste la même.

Notre valeur d’être ressemble à ce billet.

Les humiliations peuvent nous froisser.
Les moqueries peuvent laisser des marques.
Les échecs peuvent nous faire douter.
Le manque de reconnaissance peut nous empêcher de voir ce que nous portons.

Mais notre valeur ne diminue pas.

Elle est inaltérable.

La validation extérieure peut nous faire plaisir, nous éclairer ou confirmer qu’un travail a touché quelqu’un.

Elle ne crée pas notre valeur.

Un compliment ne nous ajoute rien. Une critique ne nous retire rien.

Les retours peuvent concerner un comportement, une compétence, un projet ou un résultat. Ils peuvent nous aider à progresser.

Notre valeur d’être, à mon regard. Elle a arrêter d’exister et je la mesure plus.

Croire en soi ne signifie pas se croire infaillible

Sortir du besoin de validation ne signifie pas refuser toute remise en question.

Croire en soi ne revient pas à considérer chacune de ses idées comme parfaite.

Cela signifie pouvoir dire :

  • « Je peux me tromper sans perdre ma valeur. »

  • « Je peux apprendre sans me ridiculiser. »

  • « Je peux recevoir un conseil sans abandonner mon intuition. »

  • « Je peux demander de l’aide sans redevenir dépendante. »

L’estime de soi ne crée pas une armure contre les erreurs.

Elle offre un sol sur lequel nous pouvons les traverser.

La validation des autres peut m’éclairer, elle ne crée pas ma valeur

Aujourd’hui, je peux recevoir un compliment sans devoir immédiatement le repousser.

Je peux écouter un avis sans le transformer en verdict.

Je peux demander de l’aide sans effacer ma propre capacité.

Je peux aussi partager une expérience que tout le monde ne comprendra pas.

Je n’ai pas besoin que chacun me comprenne pour me choisir.

L’estime de soi commence lorsque je cesse de confier ma valeur au regard des autres.

Mon travail, mes livres et mes témoignages peuvent être accueillis, critiqués ou ignorés.

Ils ne constituent pas la mesure de mon existence.

Ma valeur était déjà là avant le premier compliment, avant la première publication et avant le premier regard posé sur moi.

Comme le billet froissé au fond d’une poche, elle a toujours conservé sa valeur.

Il restait simplement à la reprendre entre mes mains.

Car par nature nous sommes déjà Amour.

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Adeline Petit — coach de vie, hypnose et autrice de Nos Âmes Cœurs.

Que nos égos deviennent égaux.

Adeline PETIT

Coach de Vie, auteur et entrepreneur en intelligence émotionnelle.

https://www.phoenixadelinepetit.com
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