Science et conscience : pourquoi elles ne parlent pas le même langage (et pourquoi c’est très bien ainsi).
Pendant longtemps, j’ai cru qu’il fallait choisir.
Soit la science, avec sa rigueur, ses preuves, ses modèles.
Soit la conscience, avec l’expérience intérieure, le ressenti, l’invisible.
Comme si l’une devait forcément invalider l’autre.
Et puis, à force de traversées, d’expériences vécues, de lectures, d’observations, et surtout d’écoutes de mon propre corps, une évidence s’est imposée :
👉 Science et conscience ne parlent pas le même langage.
👉 Et ce n’est pas un problème.
Le problème commence seulement quand on les confond… ou quand on demande à l’une de faire le travail de l’autre.
Ce que la science fait remarquablement bien.
La science est un outil extraordinaire.
Elle observe le réel depuis l’extérieur.
Elle mesure.
Elle compare.
Elle modélise.
Grâce à elle, nous comprenons :
le fonctionnement du corps,
les mécanismes du cerveau,
la régulation du système nerveux,
les effets physiologiques du stress, de la respiration, de l’attention.
La science excelle dans l’étude de ce qui est observable, mesurable, reproductible.
Elle ne nie pas l’expérience humaine.
Elle la décrit.
Et quand elle reste à sa juste place, elle est d’une puissance immense.
Ce que la science ne peut pas faire (et pourquoi).
Mais la science a une limite structurelle.
Elle ne peut pas vivre l’expérience à la place de celui qui la traverse.
Elle ne peut pas mesurer :
ce que cela fait de sentir une peur se dissoudre,
l’instant précis où une tension lâche dans le corps,
la paix qui surgit sans cause identifiable,
le moment où l’on se sent enfin “chez soi” en soi.
Non pas parce que ces phénomènes n’existent pas, mais parce qu’ils sont subjectifs.
Et la science, par nature, travaille avec de l’objectivable, et pourtant il autant réel.
Lui reprocher cela serait comme reprocher à un thermomètre de ne pas écrire de la poésie.
Ce que la conscience fait, sans jamais mesurer.
La conscience, elle, ne mesure rien.
Elle observe.
Elle perçoit.
Elle constate.
Elle ne prouve pas.
Elle voit.
Quand je suis consciente d’une pensée, je ne l’analyse pas nécessairement.
Je la remarque.
Quand je suis consciente d’une émotion, je ne la décortique pas toujours.
Je sais qu’elle est là.
La conscience n’est pas un outil scientifique.
Elle est un point de vue intérieur.
Et c’est précisément pour cela qu’elle est irremplaçable.
Là où la confusion commence
La confusion apparaît quand on mélange les registres.
Quand on demande à la conscience de prouver.
Ou à la science de valider une expérience intérieure.
Alors apparaissent :
des débats stériles,
des oppositions inutiles,
des postures défensives.
Les uns exigent des preuves là où il n’y a que du vécu.
Les autres rejettent toute approche scientifique au nom de l’expérience personnelle.
Et chacun parle…
dans une langue que l’autre ne comprend pas.
Mon expérience : quand j’ai cessé de vouloir trancher.
Pendant un temps, j’ai moi-même cherché à faire coïncider les deux.
Je voulais comprendre mes expériences intérieures avec des modèles.
Je voulais les expliquer.
Les relier à quelque chose de rationnel.
Puis j’ai réalisé que je faisais exactement ce que je reprochais parfois à d’autres :
👉 je demandais à la science de donner un sens à ce qui relevait du vécu.
👉 et à la conscience de justifier ce qu’elle n’a pas à justifier.
Quand j’ai cessé de vouloir trancher, quelque chose s’est détendu.
La science a repris sa place d’outil.
La conscience sa place de regard.
Et le corps… sa place de terrain d’expérience.
La présence : là où science et conscience se rencontrent sans se confondre.
Il existe pourtant un point de jonction naturel entre science et conscience.
Ce point, ce n’est ni un concept, ni une croyance.
C’est la présence.
Je pense que certaines personnes appel cela le moment présent, mais j’en parlerais plus tard.
Revenons à la Présence.
Quand je suis présente :
la science peut observer des effets mesurables (respiration, rythme cardiaque, détente),
la conscience constate simplement ce qui se passe,
le corps vit l’expérience en direct.
La présence ne cherche pas à expliquer.
Elle permet.
Et c’est souvent à cet endroit que les deux mondes cessent de s’opposer.
Pourquoi les opposer est une fausse bonne idée
Opposer science et conscience crée une illusion de choix.
Comme s’il fallait être :
soit rationnel,
soit sensible,
soit incarné,
soit lucide.
Or l’expérience humaine est beaucoup plus vaste que cela.
Nous pouvons :
comprendre et ressentir,
observer et habiter,
mesurer et vivre.
À condition de ne pas tout mélanger.
Message clé.
👉 La science explique le fonctionnement.
👉 La conscience observe l’expérience.
👉 La présence relie les deux, sans les confondre.
Il n’y a rien à trancher.
Rien à défendre.
Seulement à remettre chaque chose à sa place.
Et souvent, quand cette clarté s’installe, le besoin de convaincre disparaît.
Il reste quelque chose de plus simple, de plus calme, de plus vivant et incarné.
Conclusion : Réconcilier sans confondre.
Si j’ai cessé d’opposer science et conscience, ce n’est pas par compromis intellectuel.
C’est parce que mon propre chemin m’a montré que vouloir tout faire entrer dans un seul langage crée plus de tension que de clarté.
La science m’a appris à respecter le fonctionnement du corps, des rythmes, des mécanismes.
La conscience m’a appris à observer sans me perdre.
Mais c’est la présence qui m’a permis de me rencontrer vraiment, sans chercher à prouver quoi que ce soit.
Cette réconciliation, sans fusion, sans hiérarchie est au cœur de ce que je partage dans mon livre
Nos Âmes Cœurs.
Un livre né d’expériences vécues, de relations traversées, de moments où aucune explication ne suffisait, et où seule la rencontre, avec soi, avec l’autre, avec le corps, faisait sens.
C’est aussi depuis cet endroit que sont nés mes accompagnements
Alliance Intérieure.
Non pour expliquer la vie.
Non pour convaincre.
Mais pour offrir un espace où la science n’est pas rejetée ni reine, où la conscience n’est pas idéalisée, et où le corps retrouve sa place de terrain vivant.
Un espace où l’on peut cesser de chercher à comprendre ce que l’on vit…
et commencer à le vivre pleinement.
Il n’y a rien à croire ici.
Rien à démontrer.
Seulement un mouvement de retour vers l’essentiel, là où la présence fait lien, naturellement.