On spiritualise ton expérience… quand elle ne rentre dans aucun cadre.

Tu vis quelque chose de réel.

Direct.

Presque difficile à expliquer.

Tu le partages.

Et là, doucement, ça commence.

On interprète.

On explique.

On élève.

Et sans t’en rendre compte…

ce que tu as vécu devient autre chose.

Personnellement, j’en suis devenue allergique tellement on m’a collé l’étiquette de spirituel sur mes expériences de type sortie hors du corps et autre.

Surtout, que je n’ai aucune adhésion à quelconque courant spirituel ou religieux.

Alors même que je constate que nous avons tous des expériences de ce type au moins une fois dans sa vie.

Mais, il y a un moment, où il y a une dérive presque “sectaire”.

Quand on commence à interpréter ton expérience à ta place, comme spirituel.

On croit que le problème, c’est de ne pas être compris.

Mais en réalité, il y a quelque chose de plus subtil… et souvent plus dérangeant :

👉 être compris… à côté.

Tu vis quelque chose.


Pas une idée.

Pas une théorie.

Une expérience.

Quelque chose de direct, de concret, parfois difficile à mettre en mots.

Quelque chose que tu ressens dans ton corps, dans ton système nerveux, dans ta perception du réel.


Alors tu le partages.

Et en face, ça commence.


“C’est le divin.”

“Tu t’es abandonnée.”

“Tu as lâché ton ego.”

“C’est plus grand que toi.”


Et blabla.

Et là, il se passe un truc.

Subtil.

Mais très clair.


👉 ce n’est plus exactement ce que tu as vécu.

Ce n’est pas complètement faux.

Mais ce n’est pas juste non plus.


Parce que toi, tu étais dans quelque chose de vivant :

👉 du ressenti,

👉 du mouvement,

👉 une expérience directe.


Et en face, ça glisse vers autre chose :

👉 une interprétation,

👉 un cadre

👉 un langage déjà construit.


Et ce glissement, presque personne n’en parle.

Ce que tu vis… et ce que l’on en fait

Il y a une différence énorme entre vivre une expérience et la raconter.

Mais il y a une différence encore plus grande entre la raconter… et la voir reprise.

C’est d’ailleurs comme cela que les dogmes religieux, scientifiques et autres son né.


Mais au départ, il y a toi et ton expérience.

👉 Tu ressens,

👉 Tu observes,

👉 Tu traverses.


Tu es dans quelque chose de brut. Pas encore organisé. Pas encore interprété.

Puis tu mets des mots.

C’est normal. C’est humain.

On essaie de comprendre ce qu’on vit.

On cherche à transmettre.

On partage.

Et là, un deuxième mouvement apparaît.

Quelqu’un écoute.

Et sans forcément s’en rendre compte, il commence à remplir.


Avec ce qu’il connaît.

Avec ses références.

Avec son cadre.

Et c’est logique de fonctionner comme cela.

Mais très souvent, ce cadre a une particularité :

👉 il est déjà construit et très souvent dogmatique avec une hiérarchie implicite et explicite.


Le mécanisme invisible : pourquoi l’autre interprète.

Ce qui se joue ici est profondément humain.

Ce n’est pas un problème de niveau.

Ce n’est pas une question d’intelligence.

Ce n’est pas une mauvaise intention.

C’est un mécanisme.


Quand un être humain entend quelque chose qu’il ne peut pas immédiatement intégrer…

👉 il interprète avec ses références.


Pourquoi ?

Parce que le cerveau n’aime pas le flou.

Le système nerveux cherche la sécurité.

Et la sécurité passe souvent par… du sens.

Donner du sens permet de :

  • réduire l’incertitude,

  • éviter le vertige,

  • garder une impression de maîtrise.

Donc quand tu partages une expérience brute, non cadrée…

👉 l’autre comble.

Il ajoute :

  • des mots,

  • des concepts,

  • des images,

  • une structure.


Et dans certains milieux, cette structure prend souvent une forme particulière :

👉 une lecture spirituelle.

Surtout quand l’expérience et inexplicable.

Le glissement ne vient pas de l’expérience… mais du langage

C’est ici que le point devient intéressant.

Parce que ce n’est pas l’expérience qui change.

👉 c’est la manière d’en parler.

Au départ, tu dis :

  • “j’ai ressenti ça”,

  • “j’ai vécu ça”

  • “il s’est passé quelque chose en moi”.

Puis progressivement, le langage évolue :

  • “c’est une volonté plus grande”,

  • “tu t’es abandonnée”,

  • “tu es devenue un canal”,

  • “quelque chose t’a traversée”.

Et à cet instant précis, le centre de gravité se déplace.

On n’est plus seulement dans le vécu.

👉 on est déjà dans une interprétation.

Et ce déplacement est subtil.

Parce qu’il peut sembler valorisant.

Il donne une impression de hauteur.

De profondeur.

De sens.

Mais en réalité, il produit autre chose :

👉 il éloigne de l’expérience directe.

Et pour moi c’est clairement un dysfonctionnement du positionnement de notre vocabulaire et surtout de notre verbe intérieure que l’on évite de regarder.

Ce qu’on évite vraiment (sans s’en rendre compte).

Pourquoi ce type de lecture revient aussi souvent ?

Parce qu’elle évite quelque chose de très simple… et très inconfortable :

👉 ne pas savoir.

Rester face à une expérience sans cadre, sans explication, sans conclusion…

C’est déstabilisant.

C’est même vertigineux.

Alors le mental “inférieure” et “supérieur” fait ce qu’il sait faire :

👉 il structure.

Il rajoute :

  • du sens,

  • du beau,

  • du “plus grand”?

  • du “au-dessus” .

Et on croit élever l’expérience.

Alors qu’en réalité…

👉 on évite de rester avec elle.

Car elle met face quelque chose de vrai. On ne sait pas et si notre position n’est pas au point EGAUX (perception de nous même).

Alors il y a retournement.

Le retournement : le problème n’est pas l’expérience.

On pourrait croire que le sujet ici, c’est la spiritualité.

Mais ce n’est pas le fond du problème.

Le vrai point est ailleurs.

👉 ce n’est pas l’expérience qui pose problème.

👉 c’est la manière dont elle est récupérée.

Une expérience peut être :

  • profonde,

  • troublante,

  • transformante.

Sans avoir besoin :

  • d’être hiérarchisée,

  • d’être expliquée,

  • d’être intégrée dans un système.

Ce qui change tout, c’est la position.

👉 vivre une expérience.

ou

👉 vouloir lui donner un sens immédiat.

Une analogie simple.

C’est comme goûter un fruit.

Tu peux :

👉 le manger,

👉 le ressentir,

👉 découvrir son goût.


Ou…


👉 analyser sa composition,

👉 comparer,

👉 expliquer sa provenance,

👉 le décrire pendant 10 minutes.


Dans les deux cas, tu parles du fruit.

Mais dans un seul cas…


👉 tu l’as vraiment goûté.

Ce que ça change concrètement.

Quand une expérience est récupérée trop vite par un cadre…

elle perd quelque chose d’essentiel :

👉 sa respiration.

Elle devient :

• définie,

• fermée,

• interprétée.


Alors qu’au départ, elle était :

• ouverte

• vivante

• en mouvement

Et c’est là que beaucoup de gens se coupent sans s’en rendre compte.

Pas de leur expérience.

👉 de leur lien direct avec elle.

Revenir à quelque chose de simple.

Et si le point n’était pas de comprendre ?

Et si le point n’était pas d’expliquer ?

Et si le point était simplement :

👉 rester dans ce qui est vécu.


Sans chercher à le rendre :

• plus grand,

• plus haut,

• plus important.


Juste :

👉 plus présent.

Parce qu’au fond, ce qui transforme vraiment…

ce n’est pas le sens qu’on donne à l’expérience.

👉 c’est le fait de la vivre pleinement.

Conclusion.

Il n’y a rien de mal à chercher du sens.

C’est humain.

Mais il y a un moment où le sens peut devenir une fuite élégante.

Une manière de ne pas rester dans l’inconnu.

Une manière de ne pas sentir le vide de ce vieux dogmes humain de vouloir tout savoir, prouver que…

Alors peut-être que la vraie question n’est pas :

👉 “qu’est-ce que ça veut dire ?”


Mais plutôt :

👉 “est-ce que je suis encore en train de le vivre ?”

Et parfois, revenir à ça…

change tout.


Adeline Petit

Que nos égos deviennent égaux.


Si tu ressens l’appel d’aller plus loin dans ton processus de souveraineté et liberté intérieure.

Je te proposes mes accompagnements

ALLIANCE INTERIEURE :


SOURCES ET RÉFÉRENCES

  1. Adeline Petit — Nos âmes cœurs, mon chemin d’éveil à l’amour en soi.

  2. Antonio Damasio — L’erreur de Descartes (lien corps / émotion / conscience).

  3. Antonio Damasio — L’erreur de Descartes (lien corps / émotion / conscience).

    Peter Levine — travaux sur le système nerveux et les réponses de survie.

  4. Carl Rogers — expérience directe et présence.

  5. Jiddu Krishnamurti — observation sans interprétation.

  6. Francisco Varela — cognition incarnée.

  7. Neurosciences affectives (régulation émotionnelle et construction du sens).

Adeline PETIT

Coach de Vie, auteur et entrepreneur en intelligence émotionnelle.

https://www.phoenixadelinepetit.com
Précédent
Précédent

Tu sais ce qui te fait le plus peur ?Ce n’est pas de manquer d’amour….

Suivant
Suivant

Tu ne cherches pas un guide. Tu cherches à calmer ta peur.