« Tout est conscience » : la phrase qui peut nous couper du corps.
« Tout est conscience »
La phrase qui peut nous couper du corps.
J’ai pris conscience de cette phrase et de ce qu’elle produit à travers plus de dix ans de développement personnel.
Un chemin commencé dans un moment que je n’ai pas choisi : mon premier effondrement, en 2010–2011.
À l’époque, il ne s’agissait pas de spiritualité, ni d’éveil, ni de conscience.
Il s’agissait de survie intérieure.
Le sol s’était dérobé, et avec lui, toutes les certitudes.
Comme beaucoup, j’ai alors cherché à comprendre.
À donner du sens.
À mettre de la lumière là où tout semblait obscur.
Et c’est ainsi que j’ai mis un pied puis les deux, dans le vaste territoire du développement personnel et des courants dits “spirituels”.
Un chemin à la fois magnifique et profondément déstabilisant.
Un chemin qui ouvre… mais qui peut aussi faire tourner en rond.
Car sur ce chemin, il existe des croyances élégantes, séduisantes, presque irréprochables.
Des phrases-mantras qui semblent dire vrai… mais qui, parfois, nous éloignent subtilement du vivant.
Parmi elles, il y a celle-ci :
« Tout est conscience. »
Pourquoi cette phrase séduit autant.
Cette phrase a quelque chose de rassurant.
Elle offre une vision globale, unifiante, presque apaisante.
Dire tout est conscience, c’est : donner un sens à ce qui semble absurde, sortir de la séparation, croire que rien n’est vain, ni perdu, se sentir relié à quelque chose de plus vaste.
Pour une personne qui a souffert, qui a été perdue, qui a traversé des zones sombres, cette phrase agit comme un baume.
Elle promet une cohérence invisible.
Elle suggère que même la douleur a un sens.
Elle laisse entendre que tout est déjà inclus, observé, traversé.
Et parfois, c’est vrai.
Dans certains moments de bascule intérieure, cette phrase ouvre réellement.
Elle permet de prendre du recul.
De ne plus s’identifier totalement à ce qui traverse.
Elle peut être un premier pas vers une sortie de l’enfermement mental ou émotionnel.
Mais le problème n’est pas la phrase en elle-même.
Le problème, c’est l’endroit depuis lequel on l’utilise.
Quand « tout est conscience » ouvre réellement.
Cette phrase ouvre quand elle vient après l’expérience.
Quand elle arrive comme une mise en perspective, pas comme une stratégie d’évitement de ce que tu as ressenti dans tes experiences.
Elle ouvre quand :
l’émotion a été ressentie,
la douleur a été traversée,
le corps a été écouté,
la peur a été regardée sans être contournée.
À ce moment-là, dire tout est conscience n’est pas une fuite.
C’est un constat calme.
C’est comme dire :
« Il y a eu cette expérience. Et maintenant, je peux la regarder sans m’y noyer. »
Dans ces moments-là, la conscience joue son rôle juste :
elle éclaire,
elle élargit,
elle pacifie.
Elle ne nie rien.
Elle n’efface rien.
Elle n’explique pas à la place du vécu.
Elle arrive après que le corps ait parlé.
Quand la phrase devient une anesthésie émotionnelle.
Mais il y a un autre usage de cette phrase.
Plus subtil.
Plus fréquent qu’on ne l’admet pas dans le milieu spirituel et dévelloppement personnel. Car c’est pas harmonieux…
Celui où tout est conscience devient une réponse automatique.
Une réponse qui arrive trop vite.
Avant que le corps n’ait eu le temps de ressentir.
Avant que l’émotion n’ait été pleinement traversée.
Dans ces cas-là, la phrase ne libère pas.
Elle anesthésie.
Elle permet de :
ne pas sentir la colère,
ne pas habiter la tristesse,
ne pas reconnaître la peur,
ne pas descendre dans l’impuissance.
Elle transforme le vécu en concept.
L’émotion en objet d’observation.
La douleur en idée.
Et sans s’en rendre compte, on glisse vers une forme de dissociation douce.
Ce que j’ai fait les premières années de mon chemin de développement personnel.
Je suis partie en sur analyse, ce qui à nourrit mon coté vierge assendant vierge 🤣🫶.
On observe tout.
On comprend tout.
Mais on ne vit plus vraiment.
Mon expérience : comprendre avant de ressentir.
Je connais bien ce mécanisme.
Je l’ai vécu de l’intérieur.
Pendant longtemps, j’ai été très rapide à comprendre.
Trop rapide.
Chaque émotion était analysée.
Chaque relation décortiquée.
Chaque crise intégrée… mentalement.
Je pouvais expliquer ce qui se passait en moi avec une grande clarté.
Mais mon corps, lui, restait en arrière-plan.
J’étais consciente.
Mais pas pleinement présente.
Certaines relations miroirs que j’ai traversées ont mis ce décalage en lumière de manière très nette, surtout celle avec ma flamme jumelle qui elle est trés dans le corps à l’extrême de moi.
Le mental comprenait.
La conscience observait.
Mais le corps, lui, tremblait, se contractait, se fatiguait.
Et c’est là que quelque chose a craqué.
Pas une illumination.
Pas un éveil spectaculaire.
Juste un constat simple, presque dérangeant :
👉 Comprendre n’est pas ressentir.
👉 Observer n’est pas habiter.
Je pouvais dire tout est conscience… mais mon corps, lui, demandait autre chose.
Que j’allais découvir pas à pas car il a hurlé et pas qu’un peux.
Il demandait à être écouté.
Pas interprété.
Pas transcendé.
Juste senti.
Redescendre dans le corps sans renier la conscience.
Redescendre dans le corps ne veut pas dire rejeter la conscience.
Ni renier les compréhensions acquises.
Cela veut dire remettre chaque chose à sa place.
Le corps vit.
L’émotion traverse.
Le mental interprète.
La conscience observe.
La présence vit tous ces plans.
Mais aucun ne remplace l’autre.
Quand la conscience prend la place de l’expérience, quelque chose se fige.
Quand le mental prend le pouvoir sur le ressenti, le vivant se coupe.
Redescendre dans le corps, c’est accepter de :
ne pas comprendre tout de suite,
rester avec une sensation inconfortable,
laisser une émotion exister sans la résoudre,
être humain, tout simplement.
Et paradoxalement, c’est souvent là que la paix apparaît.
Ce que je nommes la Sérénité.
Pas celle qui vient d’une explication.
Celle qui vient d’une présence habitée.
Message clé.
👉 La conscience n’est pas là pour remplacer l’expérience.
👉 Elle est là pour l’éclairer, pendant (elle enregistre) et après (elle relie).
La conscience n’est pas une échappatoire élégante.
Elle est un regard juste, posé au bon moment.
Et peut-être que le véritable chemin n’est pas de devenir toujours plus conscient… mais d’oser redevenir pleinement présent au vivant.
Conclusion, Là où l’expérience devient rencontre.
Si j’ai écrit ces lignes, ce n’est pas pour démonter une croyance, ni pour proposer une nouvelle vérité de remplacement.
C’est parce que, sur ce chemin, j’ai compris une chose essentielle :
on peut chercher la conscience toute une vie… et passer à côté de la rencontre.
La rencontre avec le corps.
La rencontre avec le cœur.
La rencontre avec l’autre, sans rôle, sans posture, sans masque spirituel.
C’est précisément ce chemin-là que je raconte dans mon livre :
Nos Âmes Cœurs.
Pas un livre de développement personnel de plus.
Pas un manuel d’éveil.
Mais le récit d’un chemin vécu, parfois beau, parfois inconfortable, souvent déroutant, où les liens d’âme, les relations miroirs et les effondrements intérieurs m’ont appris une chose simple :
👉 l’amour ne se comprend pas, il se vit.
👉 la conscience ne remplace jamais la relation.
👉 et le cœur ne s’ouvre pas dans les hauteurs des mondes “supérieur”, mais dans l’incarnation..
C’est aussi depuis cet endroit que sont nés mes accompagnements
Alliance Intérieure.
Non pas pour guider, réparer o u “éveiller” qui que ce soit.
Mais pour offrir un espace où il devient possible de se rencontrer vraiment, dans le corps, dans l’émotion, et surtout dans la présence.
Un espace où l’on cesse de tourner autour de soi.
Où l’on n’analyse plus l’amour.
Où l’on arrête de vouloir devenir autre chose que ce que l’on est déjà.
Si ces mots résonnent, il n’y a rien à décider.
Juste à sentir.
Le reste se fait toujours au bon moment.