La présence n’est pas la conscience.
Pendant longtemps, j’ai cru que j’étais présente parce que j’étais consciente.
Je voyais mes pensées.
J’observais mes émotions.
Je pouvais expliquer ce qui se jouait en moi avec une grande précision.
Et pourtant… quelque chose ne collait pas.
Le corps parlait un autre langage.
Un langage plus lent.
Moins spectaculaire.
Mais beaucoup plus honnête.
C’est lui qui m’a appris une distinction essentielle, que je n’avais jamais vraiment intégrée :
👉 La conscience n’est pas la présence.
Ce que j’appelais “être consciente”
Dans les espaces de développement personnel et de spiritualité, être conscient est souvent présenté comme un aboutissement.
Être conscient, ce serait :
ne plus s’identifier à ses pensées,
observer ses émotions sans s’y perdre,
prendre du recul,
comprendre les mécanismes intérieurs.
Et tout cela n’est pas faux.
La conscience permet une mise à distance salutaire.
Elle aide à sortir de la confusion.
Elle éclaire ce qui était jusque-là automatique.
Mais il y a un glissement possible, et très courant, entre être conscient et être présent.
Pendant des années, je pensais que les deux allaient forcément ensemble.
Ce n’était pas le cas.
Le moment où le corps a dit stop.
Il n’y a pas eu de révélation spectaculaire.
Juste des signaux répétés :
une fatigue qui ne passait pas,
des tensions diffuses,
une sensation de ne jamais vraiment atterrir, comme si quelque chose en moi restait suspendu.
Le mental allait bien.
La conscience observait.
Mais le corps, lui, accumulait.
C’est souvent comme ça que la confusion se révèle : quand le discours intérieur ne correspond plus à l’état du corps.
Je pouvais dire :
« Je suis alignée, j’ai compris, je sais ce qui se joue. »
Mais le corps ne suivait pas.
Et à un moment, il n’a plus accepté d’être mis en arrière-plan.
Présence : un champ d’expérience, pas un concept.
C’est là que j’ai commencé à comprendre ce qu’est réellement la présence.
La présence n’est pas une posture intérieure.
Ce n’est pas un état spécial.
Ce n’est pas un niveau à atteindre.
La présence est un champ d’expérience.
Un espace où :
le corps est senti,
la respiration est perçue,
les pensées sont là, sans être dominantes,
les émotions circulent sans être interprétées en permanence.
La conscience observe tout cela.
Quand je suis présente, je ne cherche pas à observer (la c’est la conscience).
Je suis là.
Et cette différence est immense.
Mental, conscience, corps : qui fait quoi ?
Avec le temps, une clarification simple s’est imposée.
Le corps vit.
Le mental interprète.
La conscience observe.
Et la présence est le liant de tout cela et inclus tout, elle embrasse tout.
Le problème commence quand l’un prend la place de l’autre.
Quand la conscience remplace l’expérience, on plane.
Quand le mental remplace le ressenti, on se coupe.
Quand le corps est ignoré, il finit par crier.
La présence, elle, ne remplace rien.
Elle inclut.
Elle permet que tout coexiste, sans hiérarchie.
Pourquoi la présence pacifie sans comprendre
Ce qui m’a le plus surprise, c’est ceci :
👉 la présence apaise sans explication.
Il n’y a rien à résoudre.
Rien à analyser.
Rien à transcender.
Quand je suis réellement présente :
certaines tensions se relâchent d’elles-mêmes,
des émotions se traversent sans drame,
des compréhensions émergent plus tard, naturellement.
La paix n’est pas le résultat d’un raisonnement.
Elle est souvent le fruit d’une descente dans le corps.
Et cela va à l’encontre de beaucoup de discours valorisant la lucidité mentale avant tout.
Être conscient sans être présent : une illusion fréquente
On peut être très conscient :
de ses blessures,
de ses schémas,
de ses conditionnements.
Et rester profondément coupé de son ressenti immédiat.
Cela a été mon cas pendant longtemps…
C’est une illusion fréquente chez les personnes très intelligentes, très sensibles, très intuitives.
La compréhension devient alors une protection.
Un filtre.
Une manière élégante de ne pas sentir trop fort.
Je ne juge pas cela.
Je l’ai fait, cette erreur pendant des années.
Jusqu’au jour où le corps a demandé autre chose que des explications.
Redonner au corps sa place sans perdre la conscience
Revenir à la présence ne m’a pas rendue moins consciente.
Au contraire.
La conscience est devenue plus sobre.
Moins bavarde.
Plus juste.
Elle n’est plus en avance sur l’expérience.
Elle arrive pendant ou après, comme un éclairage doux, et même de plus en plus en instantanée.
La présence m’a appris que :
je n’ai pas besoin de comprendre immédiatement,
je peux rester avec ce qui est inconfortable,
je peux faire confiance au rythme du vivant.
Message clé.
👉 La conscience observe.
👉 La présence habite.
Et rien ne remplace l’habitation du corps.
Ce n’est pas un retour en arrière.
Ce n’est pas une régression.
C’est une intégration.
Peut-être que le véritable apaisement ne vient pas d’un niveau de conscience plus élevé… mais d’une présence plus simple, plus incarnée, plus humaine.
Et c’est souvent là que tout commence à se remettre en place, sans effort.
Conclusion. Là où l’expérience devient rencontre.
Si j’ai écrit ces lignes, ce n’est pas pour démonter une croyance, ni pour proposer une nouvelle vérité de remplacement.
C’est parce que, sur ce chemin, j’ai compris une chose essentielle : on peut chercher la conscience toute une vie… et passer à côté de la rencontre.
La rencontre avec le corps.
La rencontre avec le cœur.
La rencontre avec l’autre, sans rôle, sans posture, sans masque spirituel.
C’est précisément ce chemin-là que je raconte dans mon livre
Nos Âmes Cœurs.
Pas un livre de développement personnel de plus.
Pas un manuel d’éveil.
Mais le récit d’un chemin vécu, parfois beau, parfois inconfortable, souvent déroutant, où les liens d’âme, les relations miroirs et les effondrements intérieurs m’ont appris une chose simple :
👉 l’amour ne se comprend pas, il se vit.
👉 la conscience ne remplace jamais la relation.
👉 et le cœur ne s’ouvre pas dans les hauteurs, mais dans l’incarnation.
C’est aussi depuis cet endroit que sont nés mes accompagnements
Alliance Intérieure.
Non pas pour guider, réparer ou “éveiller” qui que ce soit.
Mais pour offrir un espace où il devient possible de se rencontrer vraiment, dans le corps, dans l’émotion, dans la présence.
Un espace où l’on cesse de tourner autour de soi.
Où l’on n’analyse plus l’amour.
Où l’on arrête de vouloir devenir autre chose que ce que l’on est déjà.
Si ces mots résonnent, il n’y a rien à décider.
Juste à sentir.
Le reste se fait toujours au bon moment, simple, plus incarnée, plus humain.
Et c’est souvent là que tout commence à se remettre en place, sans effort.